Seize ans d'expertise en fertilité à Abidjan
Rédigé par Dr Eulalie Manket-Kouassi, gynécologue-obstétricienne, spécialiste de la fertilité et de la PMA, fondatrice et directrice médicale de la CNDT, première femme ivoirienne formée en FIV à Strasbourg
Membre de l'ASRM, de l'ESHRE, de la SOGOCI, du GIERAF et de l'ANARA.
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Il y a des projets qui naissent d'une conviction simple : que la qualité des soins ne devrait pas dépendre de la géographie. En 2010, quand la Clinique Notre Dame de la Tendresse a ouvert ses portes à Abidjan, c'est cette conviction-là qui guidait chaque décision — sur l'équipement, l'équipe, les protocoles, et la façon d'accueillir les patients.
Seize ans plus tard, cette conviction n'a pas changé. Ce qui a changé, c'est la capacité à la mettre en œuvre.
Une vision : rendre la PMA accessible
La création de la clinique répondait à un besoin réel et documenté : en Afrique de l'Ouest, les couples qui souhaitaient accéder à la procréation médicalement assistée n'avaient souvent d'autre choix que de partir à l'étranger. Ce voyage médical, coûteux et éprouvant, n'était pas à la portée de tous.
L'ambition initiale était donc de construire, progressivement, une structure capable d'offrir sur place ce qui n'existait pas encore : d'abord les consultations spécialisées, puis les bilans complets, puis l'ouverture d'un laboratoire de fécondation in vitro. Un modèle de développement par étapes, qui a permis de poser des fondations solides à chaque stade.
Aujourd'hui, la clinique propose un parcours complet — de la première consultation de fertilité jusqu'aux techniques les plus avancées de PMA — sans que les patients aient à quitter leur pays.
Une équipe pluridisciplinaire
La fertilité est un domaine où la médecine seule ne suffit pas. Un parcours PMA mobilise des compétences très diverses, et la qualité de la prise en charge dépend directement de la coordination entre les différents professionnels impliqués.
L'équipe de la Clinique Notre Dame de la Tendresse réunit des médecins gynécologues-obstétriciens spécialisés en PMA, des biologistes de la reproduction responsables du laboratoire FIV, des sages-femmes formées au suivi des grossesses obtenues par assistance médicale, des diététiciennes et nutritionnistes — parce que l'alimentation joue un rôle dans la fertilité —, et des professionnels de santé mentale disponibles pour les patients qui traversent des moments difficiles.
Cette approche globale est une conviction profonde : traiter la fertilité, c'est accompagner une personne entière, pas seulement un symptôme ou un organe.
Engagement qualité
Le laboratoire FIV de la clinique conduit ses procédures selon le référentiel ISO 9001:2015, dans le cadre d'une démarche de certification en cours. Ce que nous visons n'est pas une distinction honorifique — c'est une méthode de travail déjà appliquée : traçabilité des échantillons, qualification des équipements, gestion des écarts, amélioration continue.
Pour les patients, cela signifie que chaque étape du parcours en laboratoire est documentée et vérifiée. C'est une forme de transparence concrète, dans un domaine où la confiance est fondamentale.
La formation, prochaine étape
Après seize ans de pratique clinique intensive, une dimension nouvelle s'est progressivement imposée comme une nécessité : la transmission.
En Afrique de l'Ouest, le nombre de médecins spécialisés en médecine de la reproduction reste insuffisant par rapport à la demande. Former les professionnels de santé qui pratiquent déjà — médecins, sages-femmes, gynécologues — aux méthodes et aux protocoles de la consultation de fertilité, c'est multiplier l'impact de l'expertise accumulée.
Un programme de formation structuré, destiné aux professionnels de santé, débute en 2026. Il est conçu pour être pratique, ancré dans la réalité clinique africaine, et accessible à des médecins qui exercent dans des contextes très divers.
Seize ans, c'est à la fois beaucoup et peu. C'est assez pour avoir acquis une expérience profonde et une connaissance fine des réalités de la fertilité en Afrique de l'Ouest. C'est aussi trop peu pour se satisfaire de ce qui a été accompli, tant les besoins restent importants et les progrès possibles.
Ce qui ne change pas, c'est la façon d'aborder chaque patient qui pousse la porte de la clinique : avec la même attention, le même respect, et la même détermination à l'accompagner du mieux possible vers son projet parental — qu'il s'agisse d'une première consultation ou d'un parcours long.

