Techniques de PMA

Don d'ovocytes en Afrique de l'Ouest : comprendre la démarche

Par Dr Eulalie Manket-Kouassi··4 min de lecture

Rédigé par Dr Eulalie Manket-Kouassi, gynécologue-obstétricienne, spécialiste de la fertilité et de la PMA, fondatrice et directrice médicale de la CNDT, première femme ivoirienne formée en FIV à Strasbourg

Membre de l'ASRM, de l'ESHRE, de la SOGOCI, du GIERAF et de l'ANARA.

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Pendant longtemps, de nombreux couples africains qui n'avaient d'autre option que le don d'ovocytes se voyaient contraints d'entreprendre un voyage médical à l'étranger — en Europe, en Asie ou en Amérique du Nord. Un parcours coûteux, épuisant, et souvent vécu comme une forme d'exclusion de soins qui devraient pourtant être accessibles à tous. Cette réalité commence à changer, et il nous semble important d'en parler clairement.

Qu'est-ce que le don d'ovocytes ?

Le don d'ovocytes est une technique de procréation médicalement assistée dans laquelle une femme — la donneuse — offre une partie de ses ovocytes à une autre femme — la receveuse — qui ne peut pas concevoir avec ses propres gamètes.

Concrètement, la donneuse suit une stimulation ovarienne pour produire plusieurs ovocytes, qui sont ensuite prélevés lors d'une ponction. Ces ovocytes sont fécondés en laboratoire avec les spermatozoïdes du partenaire de la receveuse (ou d'un donneur anonyme, selon les contextes). L'embryon obtenu est transféré dans l'utérus de la receveuse, qui a été préparée à le recevoir par un traitement hormonal.

La grossesse qui s'ensuit est portée entièrement par la receveuse. L'enfant n'a pas de lien génétique avec elle, mais le lien biologique de la grossesse, de l'accouchement et de la maternité est entier.

À qui s'adresse le don d'ovocytes ?

Plusieurs situations médicales peuvent conduire à envisager cette option :

L'insuffisance ovarienne prématurée touche des femmes dont les ovaires cessent de fonctionner normalement avant l'âge de 40 ans. Elle peut être spontanée ou consécutive à un traitement médical (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie ovarienne).

Les échecs répétés de FIV — lorsque plusieurs tentatives avec les propres ovocytes de la patiente n'ont pas abouti à une grossesse viable — peuvent orienter vers le don.

L'âge maternel avancé : la qualité et la quantité des ovocytes diminuent naturellement avec le temps. Au-delà d'un certain seuil, le don peut devenir la voie la plus sûre vers une grossesse.

Les maladies génétiques transmissibles : lorsqu'une femme est porteuse d'une anomalie génétique grave, le don d'ovocytes permet de ne pas la transmettre à l'enfant.

Dans tous ces cas, le don n'est pas une résignation — c'est un choix médical réfléchi, pris en accord avec l'équipe soignante, et qui ouvre la voie à une parentalité authentique.

Le cadre éthique

Le don d'ovocytes soulève des questions profondes sur l'identité, la filiation et le consentement. Ces questions méritent d'être posées clairement, sans les esquiver.

La donneuse doit donner son consentement libre, éclairé et révocable avant tout prélèvement. Elle bénéficie d'un bilan médical complet, d'une information détaillée sur les risques de la stimulation, et d'un suivi psychologique si elle en ressent le besoin.

La receveuse, de son côté, est accompagnée par une équipe pluridisciplinaire tout au long du processus — médecins, biologistes, et professionnels de santé mentale — pour s'assurer que la décision est mûrement réfléchie et que la démarche se passe dans les meilleures conditions possibles.

Selon les pays, le don peut être anonyme ou connu. Les législations évoluent, et certains pays africains commencent à se doter d'un cadre réglementaire spécifique à la PMA.

Un accès qui se développe en Afrique de l'Ouest

Pendant des décennies, l'Afrique de l'Ouest est restée en retrait dans le développement des techniques de PMA avancées. Le manque d'infrastructures, de formation spécialisée et de cadres réglementaires adaptés a longtemps rendu ces soins inaccessibles au plus grand nombre.

La situation évolue. Des centres spécialisés, dotés de laboratoires FIV performants et d'équipes formées aux techniques de don, commencent à émerger. Pour de nombreux couples, cela signifie concrètement ne plus avoir à quitter leur pays, leur famille, leur système de soins habituel, pour accéder à une chance de parentalité.

Cette évolution est progressive, et elle demande encore des efforts importants en matière de formation, de financement et de régulation. Mais elle est réelle, et elle change des vies.


Le don d'ovocytes est une décision profondément personnelle, qui demande du temps et de la réflexion. Aucune équipe médicale sérieuse ne vous poussera à la précipitation. Ce qui compte, c'est que vous vous sentiez informés, respectés, et accompagnés — quelle que soit la direction que vous choisirez.

Pour en savoir plus sur le don d'ovocytes à Abidjan, consultez la page de notre programme.